Né à Bruxelles en 1958, Alain Gielen a toujours eu la couleur comme boussole. Très tôt, l’adolescent rêve de peinture et fréquente l’Académie des beaux-arts d’Ixelles. Une année plus tard, il s’essaie à l’école de publicité, qu’il quitte désabusé : impossible pour lui de réduire la création au service d’un produit. À dix-sept ans, il embarque pour trois années en mer. Ces voyages élargissent son horizon, mais la peinture revient, impérieuse. De retour, il installe un atelier familial et se plonge dans les musées.
En 1981, il reprend la voie des académies, cette fois à Watermael-Boitsfort, où il se forme durant près d’une décennie. Le dessin, la sculpture, la céramique, l’étude du corps deviennent ses disciplines de prédilection. Son œuvre s’affirme : expressionniste, éclatante de couleurs fauves, puis peu à peu plus libre, plus intérieure. Avec Françoise Allet, artiste peintre, il s’installe en Suisse et poursuit, loin des projecteurs, un travail de recherche marqué par les rencontres et les voyages en Afrique, en Amérique du Sud, au Rajasthan. Partout, une certitude s’impose : la couleur est vie.
Pour son exposition à l’espace 100 titres de la BMS, Alain Gielen ouvre une nouvelle page. Inspiré par l’univers du livre, il réinvente l’art de l’enluminure. Textes personnels, lettrines, pigments naturels, feuilles d’or composent des œuvres vibrantes qui conjuguent tradition et modernité. Une invitation à redécouvrir la magie des mots illuminés par la couleur, à plonger dans un art ancien que l’artiste ramène à la vie avec la force de son imaginaire et la délicatesse de son geste. Ainsi, lorsqu’il écrit : “Des rivières avec des poissons dedans et de l’air léger comme le vent.”, cette phrase, simple et lumineuse, semble faire écho à un imaginaire d’enfance. Mais derrière cette apparente candeur se cache un regard clair, sans naïveté, sur le monde qui nous entoure. Ses compositions prolongent cette tension subtile : elles évoquent la légèreté, la fluidité, la beauté du geste, tout en affirmant la nécessité de préserver la lumière face à l’opacité de notre époque. Chaque ornement, chaque éclat doré devient alors un acte de résistance poétique, une manière de réenchanter ce qui tend à s’effacer.
Exposition visible jusqu’au samedi 29 novembre 2025, à l'espace 100 titres.